1,5°C de l’accord de Paris : déjà presque atteints en 2023, clickez ici pour en savoir plus !

Philippe DONNART


L’observatoire européen Copernicus a révélé que la température moyenne mondiale de janvier à septembre a dépassé de 1,40°C la moyenne préindustrielle de 1850 à 1900. Cette information a été annoncée ce jeudi, mettant en évidence l’ampleur du réchauffement climatique actuel.

2023 : L’année la plus chaude jamais enregistrée

Les températures mondiales continuent de battre tous les records. Après un été inédit et un mois de septembre plus surprenant encore, l’année 2023 est désormais l’année la plus chaude jamais mesurée sur les neuf premiers mois. Selon le service sur le changement climatique (C3S) de l’observatoire européen Copernicus, la température moyenne mondiale est 1,40°C au-dessus de la moyenne préindustrielle (1850-1900). Cela représente une anomalie de 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle.

Il est même possible que cette moyenne augmente encore au cours des trois derniers mois de l’année, en raison de la montée en puissance du phénomène météorologique cyclique El Nino. Cependant, il n’est pas encore certain que 2023 atteindra le seuil symbolique de 1,5°C. Carlo Buontempo, directeur du C3S, souligne néanmoins que nous en sommes assez proches.

Anomalies hors du commun

Atteindre cette barre symbolique de 1,5°C ne signifierait pas pour autant que la limite la plus ambitieuse de l’accord de Paris ait été atteinte. En effet, l’accord de Paris se réfère à l’évolution du climat sur des périodes longues, des décennies et non des années simples. Selon le Giec, l’atteinte de ce seuil de 1,5°C est prévue pour les années 2030-2035. De plus, l’Organisation météorologique mondiale estime que cette barre ne sera franchie pour une année entière qu’au cours des cinq prochaines années.

Néanmoins, septembre 2023 a déjà battu un record en devenant le mois de septembre le plus chaud jamais enregistré. Ce record s’inscrit dans une série de records mensuels mondiaux qui a commencé en juin. En juillet 2023, une température moyenne de 16,38°C a été enregistrée à la surface du globe, surpassant ainsi le record de septembre 2020 avec une marge « extraordinaire » de 0,5°C.

Ces variations de températures ont été observées à l’échelle mondiale et toutes les régions ont été touchées. En Europe, septembre 2023 a établi un nouveau record continental pour le premier mois de l’automne météorologique, avec des températures dépassant les 35°C en France jusqu’au début octobre.

« Point de rupture »

Cette augmentation des températures mondiales est accompagnée par des événements météorologiques extrêmes, tels que des pluies torrentielles, des sécheresses et la fonte des glaces. En septembre, des pluies torrentielles causées par la tempête Daniel ont provoqué des dégâts en Libye et en Grèce. Le sud du Brésil et du Chili ont également été touchés par des inondations, tandis que l’Amazonie fait face à une sécheresse extrême qui affecte plus de 500 000 habitants. De plus, la banquise de l’Antarctique et la banquise arctique ont atteint des niveaux bas record.

Face à cette situation alarmante, le pape François a récemment exprimé sa préoccupation quant à la réponse insuffisante de l’humanité face au changement climatique. Il a averti que le monde se rapproche d’un « point de rupture ». Ces préoccupations sont partagées par de nombreux scientifiques et experts. La prochaine conférence climat de l’ONU, la COP28, qui se tiendra à Dubaï, abordera notamment la question de la sortie des énergies fossiles, mais les négociations risquent d’être difficiles compte tenu des divergences entre les pays.

Il est donc crucial que des mesures concrètes soient prises pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et limiter le réchauffement climatique. La mobilisation de tous les acteurs, des gouvernements aux entreprises et aux citoyens, est nécessaire pour lutter contre ce défi planétaire et préserver notre planète pour les générations futures.