El Niño : températures élevées jusqu’en mai

Philippe DONNART

El Nino


Selon les experts de l’ONU, le phénomène climatique El Niño connaît un affaiblissement progressif, mais son impact sur le climat mondial se fera encore sentir dans les mois à venir. Ce phénomène, causé en partie par les activités humaines et notamment les émissions de gaz à effet de serre, contribue à aggraver la chaleur emprisonnée dans l’atmosphère. Il est donc essentiel de continuer à surveiller de près l’évolution de ce phénomène et à prendre des mesures pour limiter son impact sur notre environnement.

El Niño : l’un des plus puissants jamais enregistrés

Le phénomène météorologique El Niño a atteint son pic en décembre et il est considéré comme l’un des cinq plus puissants jamais enregistrés, selon l’Organisation météorologique mondiale. Cette organisation prédit des températures au-dessus de la normale entre mars et mai sur la terre ferme, affectant ainsi le climat mondial.

El Niño, bien que s’affaiblissant progressivement, continue d’avoir un impact sur le climat mondial selon les experts. Ce phénomène naturel de réchauffement d’une grande partie du Pacifique tropical se produit tous les deux à sept ans, pour une durée de neuf à douze mois. Il modifie la circulation de l’atmosphère à l’échelle de la planète et réchauffe des zones éloignées. L’OMM souligne que cela se produit dans un contexte où le climat est modifié par les activités humaines.

Les effets sur les températures mondiales

« Il y a environ 60 % de chances qu’El Niño persiste entre mars et mai et 80 % de chances que des conditions neutres (ni El Niño ou La Niña) soient observées d’avril à juin », a indiqué l’OMM. 2023 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, avec des records mensuels de température établis chaque mois depuis juin. Ces températures record sont en partie dues à El Niño, mais les principaux responsables restent les gaz à effet de serre émis par les activités humaines.

Les températures de surface des océans dans le Pacifique équatorial sont un indicateur clair d’El Niño. Cependant, les températures élevées observées dans d’autres parties du globe au cours des derniers mois sont aussi inquiétantes. C’est ce qu’affirme Celeste Saulo, Secrétaire générale de l’OMM, soulignant que le réchauffement record de la surface de la mer en janvier 2024 ne peut pas être expliqué uniquement par El Niño.

La possibilité de La Niña cette année

L’OMM envisage la possibilité de l’arrivée de La Niña, phénomène inverse d’El Niño qui fait baisser les températures, plus tard dans l’année. Cependant, après des conditions neutres entre avril et juin, l’organisation estime que les probabilités sont encore incertaines. Les changements climatiques dus à El Niño et aux activités humaines nécessitent une vigilance continue pour comprendre et atténuer leurs effets sur notre planète.

Il est crucial de rester informé et conscient des phénomènes météorologiques tels qu’El Niño et La Niña, qui ont des répercussions importantes sur notre climat et notre environnement. Le suivi et la compréhension de ces phénomènes permettent de mieux anticiper et adapter nos comportements face aux changements climatiques en cours.

Implications pour la biodiversité et les écosystèmes

La persistance d’El Niño, malgré son affaiblissement progressif, soulève des inquiétudes majeures quant aux répercussions sur la biodiversité mondiale et les écosystèmes. Les phénomènes extrêmes de température et de précipitations associés à El Niño peuvent entraîner des sécheresses sévères ou des inondations dans diverses régions, affectant la distribution et la survie des espèces animales et végétales. Par exemple, la modification des conditions marines peut perturber les chaînes alimentaires marines, menaçant la survie de certaines espèces de poissons et d’oiseaux marins. De même, les changements dans les régimes de précipitations affectent les habitats terrestres, mettant en péril la faune et la flore dépendantes de conditions climatiques spécifiques.

L’impact d’El Niño sur les écosystèmes est exacerbé par les effets cumulatifs des activités humaines, telles que la déforestation, la pollution, et l’exploitation excessive des ressources naturelles. Ces facteurs, combinés à la variabilité climatique naturelle, amplifient les risques pour la biodiversité, menaçant la résilience des écosystèmes face aux changements climatiques.

Pour atténuer ces effets, il est primordial d’adopter des stratégies de conservation et de gestion durable des ressources naturelles qui tiennent compte de la variabilité climatique et des impacts anthropiques. La recherche et le suivi continus des écosystèmes peuvent aider à identifier les zones les plus vulnérables et à élaborer des mesures de protection adaptées. En fin de compte, la lutte contre les changements climatiques et la préservation de notre biodiversité exigent une action collective et des engagements forts de la part de tous les secteurs de la société.