Jardins oubliés à Rochefort : revivre la modernité !

Philippe DONNART


Jusqu’en 1950, les jardins occupaient une grande partie de Rochefort. Cependant, aujourd’hui, ils sont devenus très réduits. La Société de géographie présente une nouvelle exposition qui relate l’histoire de ces jardins.

Rochefort, un trésor caché au cœur des jardins

Après le succès de l’exposition sur le bagne de l’arsenal, la Société de géographie a choisi de mettre en lumière les magnifiques jardins de Rochefort pour l’année 2023-2024. Cette nouvelle exposition, présentée à la Vieille Paroisse, propose une immersion bucolique dans un monde où politique, économie, social, culture et écologie se rejoignent dans une perspective de développement durable et d’avenir responsable.

Les jardins de l’État et de la Ville sont les premiers à être mis en avant. Dès la création de Rochefort en 1666, le commandant de la Marine possédait des jardins remarquables à l’hôtel de Cheusses, actuel musée de la Marine. De plus, la ville comptait 16 jardins royaux, situés au nord de l’hôtel de l’intendant de Marine. Ces jardins, mélange de jardins à la française, de potagers et d’arbres fruitiers, témoignent du pouvoir du roi. Au fil du temps, certains de ces jardins ont été aménagés pour accueillir des bâtiments, comme le temple au XIXe siècle.

Le jardin botanique, situé dans l’ancienne gendarmerie, était quant à lui un lieu d’expédition pour des fruits et légumes rares, destinés à impressionner les invités. Posséder un jardin attribué par le roi était également un signe de pouvoir pour les officiers. Les jardins jouaient également un rôle crucial dans le bien-être des habitants de Rochefort, notamment avec la création du bagne au sud de la ville, pour éviter le scorbut aux prisonniers.

Cependant, la plupart de ces magnifiques jardins ont disparu au XIXe siècle, à l’exception du jardin de la Marine, ouvert au public vers 1775 et racheté par la Ville en 1950. Rochefort n’a pas connu d’autres jardins publics avant la création du square Parat en 1884. Aujourd’hui, certains de ces jardins ont été transformés en parkings, tandis que d’autres ont adopté un nouveau style avec des plantes vivaces et plus de naturel.

Parmi les jardins remarquables de Rochefort, il y a également les jardins privés. Jusqu’en 1950, la ville comptait plus de jardins et de champs que de maisons. Malheureusement, l’urbanisation galopante a peu à peu détruit cette ceinture verte qui entourait Rochefort. Toutefois, les jardins ouvriers ont survécu et constituent un véritable trésor. Le premier jardin ouvrier a été créé à la ferme du Colombier à la Beaune, lié à la maison des vieux marins. Par la suite, d’autres jardins ouvriers ont vu le jour, offrant aux habitants un espace de culture et de détente.

Aujourd’hui, ces jardins collectifs perdurent avec des noms tels que les Chemins blancs, l’Arroche fort’aise, Jardinot, les jardins de la Forêt, les jardins du presbytère, les jardins de la Vacherie et l’Éco des jardins. Cette tendance du retour aux jardins vivriers s’explique par une prise de conscience quant aux menaces qui pèsent sur la biodiversité, le climat et la santé humaine et environnementale.

L’exposition sur les jardins de Rochefort est à découvrir jusqu’à fin 2024 à la Vieille paroisse. Elle offre une véritable immersion dans un monde verdoyant et passionnant où le passé et le présent s’entremêlent pour mieux comprendre les enjeux de notre avenir. Ne manquez pas cette occasion unique de découvrir les trésors cachés de Rochefort et d’en apprendre davantage sur notre relation avec la nature et l’environnement.

Pour plus d’informations sur l’exposition, rendez-vous à la Vieille paroisse, avenue Rochambeau, tous les mercredis de 14h à 18h. L’entrée est gratuite et une brochure est disponible au tarif de 15 euros. Pour toute demande de renseignements supplémentaires, vous pouvez contacter la Société de géographie de Rochefort par mail à soc-geo.rochefort@orange.fr.