Logement pour tous : stopper la bétonisation, une solution selon deux ONG

Philippe DONNART

immeubles


La France a fixé un objectif ambitieux de « zéro artificialisation nette » pour lutter contre l’expansion urbaine sur les espaces naturels. Il s’agit de réduire de moitié tous les dix ans le rythme d’occupation des terres naturelles par les zones urbaines, afin de mettre un terme à ce phénomène d’ici 2050. Cette mesure vise à préserver la biodiversité et l’environnement en limitant la disparition des écosystèmes naturels au profit de l’urbanisation croissante. Cela demande une révision des politiques d’aménagement du territoire pour favoriser la préservation des espaces naturels et encourager le développement urbain durable. En fixant cet objectif, la France montre son engagement en faveur de la protection de la nature et de la lutte contre l’étalement urbain excessif.

Comment lutter contre l’étalement urbain et le mal-logement ?

Les fondations Abbé Pierre et pour la Nature et l’Homme mettent en garde contre la nécessité de repenser le modèle d’aménagement du territoire pour limiter l’étalement urbain et résorber le mal-logement. En effet, l’objectif de « zéro artificialisation nette » imposé par la loi oblige la France à réduire de moitié, tous les dix ans, son emprise sur les espaces naturels au profit de l’urbanisation, avec pour objectif d’arrêter complètement ce phénomène d’ici 2050.

La construction de logements est responsable de près des deux tiers de l’artificialisation des sols en France, ce qui a des conséquences négatives sur la biodiversité, l’environnement et le climat. Le modèle d’aménagement du territoire favorisant la maison individuelle a amplifié le problème du mal-logement, notamment à travers la construction de lotissements à bas coût, impactant la qualité et l’isolation des logements.

Besoin de 400 000 logements par an

La réduction de l’étalement urbain et la résorption du mal-logement nécessitent des actions concrètes. La Fondation Abbé Pierre estime qu’il faudrait construire 400 000 nouveaux logements par an, dont 150 000 logements sociaux, pour répondre aux besoins des Français. Cela implique une densification de l’habitat, en construisant plus de logements par hectare dans les zones pavillonnaires, en surélevant les bâtiments existants et en favorisant l’habitat léger.

Les collectivités doivent également disposer de financements accrus pour mener à bien ces projets d’aménagement urbain durable. Il est recommandé de privilégier l’habitat collectif, moins consommateur d’espace, et d’accroître le financement des logements sociaux pour répondre à la demande croissante.

En parallèle, il est essentiel de renforcer l’encadrement des loyers, d’encadrer les prix du foncier, de lutter contre les logements vacants et la rétention foncière. Des mesures doivent être prises pour réduire la part des résidences secondaires dans le parc de logements et limiter le développement des meublés touristiques.

Quelles solutions pour un aménagement du territoire durable ?

Pour garantir un aménagement du territoire respectueux de l’environnement et répondre aux besoins en logements des citoyens, des solutions concrètes doivent être mises en place. La densification de l’habitat et la promotion de l’habitat collectif sont des pistes à explorer pour limiter l’étalement urbain tout en offrant des logements de qualité.

Il est également nécessaire d’accompagner ces projets par un encadrement strict des loyers, une régulation des prix du foncier et des mesures incitatives pour lutter contre les logements inoccupés. La transition vers un modèle d’aménagement plus durable implique la participation de l’ensemble des acteurs, des collectivités aux promoteurs immobiliers, en passant par les citoyens.

Enfin, investir dans des infrastructures durables et favoriser les modes de construction écologiques sont des leviers essentiels pour concilier besoins en logements et préservation de l’environnement. La transition vers un aménagement du territoire plus responsable est un enjeu majeur pour les années à venir, nécessitant une action collective et des choix politiques audacieux.