Loi d’orientation agricole : des ONG critiquent sévèrement

Philippe DONNART


Les organisations non gouvernementales spécialisées dans l’environnement expriment de vives critiques à l’encontre du projet de loi sur l’agriculture dévoilé par le gouvernement lors de sa présentation ce mercredi.

Projet de loi agricole : divergences sur les grandes lignes

Le gouvernement a présenté son projet de loi pour l’agriculture, qui a suscité des critiques de la part des ONG et des députés de gauche. Ce projet, enrichi après les manifestations d’agriculteurs, comprend des mesures visant à accélérer la construction de réserves d’eau et à assouplir les sanctions en cas d’atteinte à l’environnement.

Une vision divergente du gouvernement sur ce projet

La présentation de ce texte en conseil des ministres, après plus d’un an de préparation, a été repoussée plusieurs fois. Face à la colère exprimée par le monde agricole cet hiver, le gouvernement a élargi le contenu du projet pour répondre en partie aux revendications de la FNSEA. Le gouvernement affirme adresser « un message de confiance » au secteur agricole, en allégeant les normes et les contraintes jugées excessives.

Une préoccupation centrale : le renouvellement des générations en agriculture

Le projet de loi est désormais intitulé « projet de loi d’orientation pour la souveraineté en matière agricole et le renouvellement des générations en agriculture ». L’objectif principal du gouvernement est d’enrayer la baisse continue du nombre d’agriculteurs en France, avec la perte de 100 000 exploitations agricoles au cours de la dernière décennie. Le texte accorde une place particulière à l’agriculture, la pêche et l’aquaculture en tant qu’intérêt général majeur pour garantir la souveraineté alimentaire du pays. Il vise également à simplifier les procédures liées à la construction de réserves d’eau pour l’irrigation et aux bâtiments d’élevage.

Des oppositions et des critiques sur le texte

Les ONG et l’opposition politique de gauche dénoncent le manque de considération pour les questions de rémunération et le manque d’ambition du projet de loi pour accompagner l’agriculture dans sa transition face au changement climatique. Selon eux, les mesures concrètes pour mettre en œuvre la transition agroécologique sont quasiment inexistantes, voire régressives. Certaines critiques pointent du doigt une industrialisation croissante du secteur agroalimentaire au détriment des enjeux environnementaux.

Des réactions vives des acteurs de la société civile et des syndicats

Greenpeace et la Confédération paysanne critiquent ouvertement le projet de loi, qualifiant certaines mesures d’uniformisation et d’industrialisation de l’agriculture. Le débat reste ouvert entre les différentes parties prenantes, chacune défendant ses intérêts et ses visions pour l’avenir de l’agriculture française. En attendant, le texte continue de diviser et suscite des débats passionnés dans le monde agricole.