Précarité: horaires décalés et salaire minime dans la propreté

Philippe DONNART

salaire minime dans la propreté


Les salariés travaillant dans le domaine de l’hygiène, majoritairement des femmes, se trouvent confrontés à une cadence de travail effrénée alors que leur rémunération est jugée très basse.

Les inégalités salariales persistantes entre hommes et femmes

Selon l’Insee, les femmes gagnent en moyenne 23,5% de moins que les hommes dans le secteur privé, soit environ 6 000 euros de différence par an. Cette disparité s’explique en partie par le fait que les femmes occupent plus souvent des emplois à temps partiel, une situation qui n’est pas toujours choisie. Le secteur de la propreté est particulièrement touché par cette problématique, avec 85% des employées à temps partiel subi.

Vers la fin des horaires décalés pour les femmes de ménage ?

Les métiers de la propreté étant souvent externalisés, les entreprises prestataires imposent des horaires et des durées de travail aux femmes de ménage, rendant difficile la conciliation vie professionnelle et vie personnelle. Pourtant, une solution pourrait être de permettre à ces travailleuses d’intervenir en journée. Le Premier ministre Gabriel Attal a annoncé sa volonté de mettre fin aux horaires décalés dans l’administration, mais le chemin à parcourir dans le secteur privé reste long.

Selon la Fédération des entreprises de propreté, seules 8% des structures offrent des postes en journée. Candor, une entreprise basée en Normandie, représente une exception avec un quart de ses employées travaillant en journée. Cécilia Lecroq, l’une de ces salariées, témoigne de l’amélioration que cela représente pour elle et sa famille, lui permettant de concilier plus facilement sa vie professionnelle et personnelle.

Malgré ces avancées, les salaires dans le secteur de la propreté restent bas, avec une moyenne de 1 600 euros par mois pour un temps de travail minimal de 16 heures par semaine. Les revendications syndicales, telles que celle de la CFDT pour un alignement sur les 24 heures hebdomadaires minimum des autres secteurs, illustrent la nécessité d’une reconnaissance accrue de ces métiers et de meilleures conditions de travail pour les employées de la propreté.