Progrès des femmes dans les instances dirigeantes : où en sont-elles ?

Philippe DONNART

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Assiste-t-on à une amélioration de la représentation des femmes au sein des organes de direction ? C’est ce que tend à montrer la loi Rixain, qui vise à instaurer un quota de 30% de femmes occupant des postes de cadres dirigeants d’ici 2026. Cette mesure ambitieuse souligne l’importance de favoriser la mixité et l’égalité des genres au sein des instances décisionnelles.

Place des femmes dans les instances dirigeantes : la loi Rixain en action

Après le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, une question centrale demeure : quelle est la place des femmes dans les organes de direction des grandes entreprises ? La spécialiste Sarah Lemoine apporte des éclaircissements sur ce sujet brûlant.

La loi Rixain : un nouveau cap pour l’égalité professionnelle

En fin d’année 2021, la loi Rixain a été adoptée dans le but d’accélérer l’égalité économique et professionnelle entre les genres. Cette loi va plus loin que la législation précédente, la loi Copé-Zimmermann de 2011, qui avait déjà marqué les esprits en imposant la féminisation progressive des conseils d’administration. La particularité de la loi Rixain est qu’elle vise spécifiquement les instances dirigeantes des entreprises, notamment les comités exécutifs.

Elle impose un premier quota de 30% de femmes d’ici 2026, quel que soit le titre du poste occupé : directrice financière, directrice marketing, directrice de la communication, etc. Par exemple, un Comex composé de sept membres devra inclure au moins deux femmes dans les deux prochaines années.

Toutes les entreprises comptant au moins 1 000 salariés sont concernées par cette législation. En cas de non-respect, des sanctions financières sévères sont prévues. Il est important de souligner que ce quota s’applique également aux hommes. Une entreprise présentant uniquement des femmes dans son équipe dirigeante serait également passible de sanctions.

Où en est-on deux ans après l’instauration de la loi Rixain ?

Le cabinet Ethics & Boards et l’Institut français des administrateurs ont étudié de près les 120 plus grandes sociétés cotées à Paris. Parmi celles-ci, 44% respectent déjà la loi, avec une avance de deux ans sur le calendrier. Cela signifie qu’elles comptent déjà 30% de femmes ou plus au sein de leur comité exécutif. Une progression significative, puisqu’en 2019, elles n’étaient que 12,5% dans cette situation. Floriane de Saint Pierre, présidente du cabinet Ethics & Boards, souligne que cette progression rapide témoigne de la présence de talents féminins au sein de ces entreprises.

La féminisation des comités exécutifs ouvre-t-elle la voie à des postes de direction encore plus élevés pour les femmes ?

Malgré la féminisation croissante des comités exécutifs, seules 14 femmes occupent actuellement les postes de directrice générale ou présidente-directrice générale parmi les 120 plus grandes entreprises cotées. Cependant, cette tendance laisse entrevoir des opportunités pour les femmes d’accéder à des postes prestigieux. Des exemples concrets comme Catherine McGregor d’Engie, Estelle Brachlianoff de Veolia et Valérie Baudson d’Amundi, promues directrices générales après avoir siégé au Comex, illustrent cette évolution positive.

En revanche, aucun des 120 entreprises étudiées ne compte de femme à la tête d’une entreprise qu’elle aurait elle-même fondée. Floriane de Saint Pierre souligne les défis d’accès au financement pour les entrepreneuses, ce qui limite leur capacité à développer de grandes structures.