Implant cérébral révolutionnaire : la solution anti-TOC aux États-Unis !

Philippe DONNART

États-Unis : une femme reçoit un implant au cerveau pour réduire ses TOC


En Oregon, une femme prénommée Amber Pearson a marqué l’histoire en étant la première personne au monde à subir une implantation cérébrale afin de l’aider à lutter contre ses troubles obsessionnels compulsifs. Les TOC dont elle souffrait étaient extrêmement graves et impactaient considérablement sa vie quotidienne. C’est pourquoi elle a choisi de franchir cette étape radicale et innovante pour trouver un moyen efficace de gérer ses symptômes. Grâce à cette intervention chirurgicale sans précédent, Amber espère non seulement améliorer sa propre qualité de vie, mais également ouvrir la voie à de nouvelles possibilités de traitement pour les personnes atteintes de TOC dans le monde entier.

Une femme souffrant de TOC retrouve une vie normale grâce à un implant cérébral

Les Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) touchent de nombreuses personnes à travers le monde, avec des degrés de gravité différents. Amber Pearson, une femme de 34 ans originaire d’Albany, près de New York, en est un exemple frappant. Ses TOC, apparus lorsqu’elle était au lycée, ont considérablement affecté sa vie quotidienne. Elle raconte qu’elle perd parfois jusqu’à huit heures par jour à cause de ces troubles. Par exemple, elle passe 45 minutes à vérifier que toutes les fenêtres et portes de sa maison sont bien fermées avant d’aller se coucher. Elle se douche à chaque fois qu’elle change la litière de son chat et préfère manger seule de peur d’une éventuelle contamination des aliments par les autres. Il lui arrive même parfois de ne pas oser sortir de chez elle.

Ces TOC ont également des effets physiques sur Amber. Elle se lave tellement souvent les mains et de manière si intense que ses phalanges en saignent. Malgré les thérapies suivies et les médicaments pris, aucun changement significatif n’a été observé. Comme elle l’explique, « toutes les décisions que je prends dépendent de mes TOC, c’est toujours dans un coin de ma tête ». En plus de cela, Amber souffre également de crises d’épilepsie, qui la dérangent occasionnellement, mais ce sont ses TOC qui, selon elle, « contrôlent sa vie ».

Pour tenter de trouver une solution à ses problèmes, Amber a accepté de se faire implanter un dispositif cérébral destiné à contrôler ses crises d’épilepsie. La stimulation cérébrale profonde est une technique qui existe depuis trois décennies, mais qui n’a jamais été utilisée pour traiter les TOC. En 2019, Amber a accepté de participer à un traitement expérimental mené par l’université des sciences et de la santé de l’Oregon, dans le but d’aider également à traiter ses TOC.

Le traitement consiste en l’implantation d’une électrode de 32 millimètres de long dans le cerveau d’Amber. Cette électrode est capable de détecter les signaux neuronaux anormaux et envoie une impulsion électrique afin de les corriger, similaire au fonctionnement d’un pacemaker. Pour pouvoir programmer cet implant, les chercheurs de l’université ont d’abord dû identifier les éléments déclencheurs des TOC. En laboratoire, ils ont exposé Amber à certains aliments, dont les fruits de mer, qui sont connus pour causer du stress chez elle. Ils ont ensuite analysé l’activité neuronale de son cerveau, identifiant ainsi ce qu’ils appellent une « signature neuronale ».

L’implant a été réalisé en 2019, ce qui laisse le recul nécessaire pour évaluer les résultats. Amber est satisfaite du traitement, même si elle a dû attendre quelques mois avant d’en ressentir les effets. Ses obsessions ne l’accaparent plus que pendant une demi-heure par jour, contre huit heures avant l’implant. Elle affirme également avoir de bien meilleures relations avec ses proches. Bien entendu, il est important de noter que les résultats obtenus concernent cette seule patiente et ses TOC spécifiques, et il est donc difficile de garantir l’efficacité de cette technique pour tous les patients atteints de TOC. Cependant, ces premiers résultats sont très encourageants et ouvrent de nouvelles perspectives pour le traitement de cette affection.