WeWork : mauvaise passe pour le spécialiste américain du « coworking » ! Cliquez !

Philippe DONNART


Le colosse américain, qui jouit d’une grande popularité dans le domaine des espaces de travail partagés, connaît une chute de son action en Bourse à Wall Street. La société doit faire face à une dette considérable et il se pourrait que ses bureaux soient contraints de fermer leurs portes dans un futur proche.

WeWork au bord de la faillite : une réussite qui vire au cauchemar

Une publication du Wall Street Journal en début de semaine a provoqué un véritable séisme dans le secteur de l’immobilier de bureau partagé. L’article annonçait la situation financière désastreuse de WeWork, conduisant les investisseurs à paniquer et à faire chuter le cours de l’action en bourse. En seulement 24 heures, la valeur de l’action a été divisée par deux. WeWork, spécialiste des espaces de travail partagés, est confronté à une dette colossale de près de trois milliards de dollars. Avec plus de 700 sites dans une quarantaine de pays, dont la France, la fermeture des bureaux semble probable.

Le concept de WeWork : une success story suivie d’une dégringolade

À ses débuts en 2010, WeWork proposait un concept simple : la location à long terme d’espaces de bureau, avec des baux s’étalant sur plusieurs années, allant jusqu’à 15 ans. Ensuite, ces espaces étaient sous-loués à un prix beaucoup plus élevé, en tant que postes de travail ou salles de réunion à la journée ou à la semaine. Pendant les années fastes de 2010 à 2019, où les prix de l’immobilier atteignaient des sommets et où les entreprises recherchaient des alternatives au bureau traditionnel, l’idée a séduit de nombreuses entreprises. Cela leur permettait d’éviter l’achat de bureaux à des prix exorbitants en plein centre des grandes villes pour leurs cadres.

WeWork visait également les travailleurs indépendants et les chômeurs, en tablant sur leur préférence pour la location de quelques heures dans un bureau plutôt que de passer leur journée dans un café ou un Starbucks. La société a réussi à convaincre et a levé des milliards de dollars, notamment auprès de SoftBank, atteignant une valorisation allant jusqu’à près de 50 milliards de dollars avant de s’introduire en bourse.

Cependant, la gestion d’Adam Neumann, son fondateur et PDG perçu comme un génie incontrôlable, a été critiquée. Celui-ci a d’ailleurs été contraint de quitter ses fonctions. Mais surtout, avec l’arrivée de la pandémie de COVID-19 en 2020, le télétravail s’est imposé et WeWork a rapidement perdu de son attrait, continuant ainsi à accumuler les pertes financières.

Une dette insurmontable aggravée par la hausse des taux d’intérêt

La situation s’est encore empirée avec la hausse des taux d’intérêt, ce qui rend le poids de sa dette de plus en plus lourd pour WeWork. La société tente de renégocier ses échéances avec ses créanciers, mais ces efforts se révèlent insuffisants. Aujourd’hui, WeWork se trouve au bord du précipice, proche d’une fin inéluctable.