Méningite : un risque accru cet hiver

Philippe DONNART

Le risque d’une multiplication des cas de méningite cet hiver


D’après les spécialistes de l’Institut Pasteur, les infections à méningocoque connaissent une augmentation saisonnière pendant les saisons hivernales et printanières. Cette tendance aurait été amplifiée au cours de la dernière année en raison de l’épidémie de Covid.

L’institut Pasteur alerte sur la multiplication des cas de méningite cet hiver

Les spécialistes de l’Institut Pasteur tirent la sonnette d’alarme sur le risque d’une hausse importante des cas de méningite dans les prochains mois. Géraldine Zamansky, journaliste au Magazine de la santé sur France 5, a rapporté les préoccupations des experts concernant cette maladie potentiellement mortelle.

La hausse des cas de méningite est en partie attribuée au confinement, qui a freiné la transmission du Covid mais a également réduit l’exposition à d’autres infections respiratoires. Cette diminution de l’exposition a eu pour conséquence un affaiblissement des défenses immunitaires. Le Dr Ala-Eddine Deghmane, responsable adjoint du Centre National de Référence des méningocoques à l’Institut Pasteur, explique que cette diminution de l’immunité peut expliquer en partie l’augmentation sans précédent des cas de méningite depuis septembre 2022.

Les méningocoques, bactéries responsables de la méningite, sont à l’origine d’une hausse de 36% des cas par rapport à 2019. L’équipe de l’Institut Pasteur craint également une amplification de ces chiffres avec l’arrivée de l’épidémie de grippe cet hiver, le virus de la grippe augmentant le risque de contracter la méningite.

De plus, le profil des bactéries incriminées a évolué au fil du temps. En effet, de nouveaux groupes de bactéries, tels que les groupes W et Y, ont remplacé en partie les anciens coupables, les groupes B et C. Ceci soulève la nécessité d’adapter les recommandations de vaccination pour inclure ces nouveaux groupes.

Les adolescents et jeunes adultes sont particulièrement touchés, en raison de leur mode de vie favorisant la proximité et la transmission des bactéries. Cette tranche d’âge est importante à protéger, car elle est fortement exposée au risque de méningite. Loan, décédé à 17 ans des suites de la méningite, est un exemple tragique de cette réalité.

Cependant, malgré l’urgence de nouvelles recommandations en matière de vaccination et de prise en charge par l’Assurance maladie, certains vaccins demeurent chers et ne sont pas actuellement remboursés pour cette catégorie d’âge. Les travaux de l’Institut Pasteur mettent en lumière la nécessité d’une action immédiate pour faire face à cette menace grandissante.