Violences conjugales : le manque de questionnement médical crucial, selon la Haute Autorité de santé

53 addictologues appellent à soutenir le mois sans alcool : Dry January

Chaque année, l'alcool est responsable de plus de 40...

Intoxication au monoxyde de carbone à Saint-Alban: c’est grave

Le vendredi 8 décembre, des élèves de l'école de...

Alerte sanitaire : un insecticide sous haute surveillance

Un récent rapport de l'Anses met en cause l'insecticide...

Maj le 26 novembre 2023


Selon une étude réalisée entre le 29 septembre et le 6 octobre, seules 3% des femmes affirment avoir été interrogées par leur médecin généraliste sur d’éventuelles violences conjugales au cours des 18 derniers mois. Ceci soulève des inquiétudes quant à la sensibilisation et à la prise en charge adéquate des victimes de violence domestique par les professionnels de la santé.

Haute Autorité de santé : interroger systématiquement les patientes pour mieux repérer les victimes

Depuis 2019, la Haute Autorité de santé (HAS) conseille aux professionnels de santé de questionner systématiquement leurs patientes sur d’éventuelles violences conjugales, même en l’absence de signes d’alerte. Cette recommandation vise à faciliter la parole des victimes en normalisant le sujet.

Un grande majorité de femmes favorable à un questionnement systématique

Une étude réalisée par la HAS révèle que seulement 3% des femmes ont été interrogées par leur médecin généraliste sur d’éventuelles violences conjugales au cours des 18 derniers mois. Pourtant, 96% des femmes interrogées considèrent qu’un questionnement systématique est une bonne chose. Certaines d’entre elles pourraient toutefois se sentir gênées, jugées ou choquées par ce type de question, mais la plupart déclarent quand même y être favorables.

L’enjeu de ces recommandations est particulièrement important, car en moyenne en France, on estime que trois à quatre femmes sur 10 pourraient être victimes de violences conjugales dans la patientèle d’un médecin généraliste. L’étude a été menée en ligne sur un échantillon représentatif de 1 000 femmes françaises de plus de 18 ans, entre le 29 septembre et le 6 octobre, en collaboration avec la société BVA Xsight.

La HAS a souligné que cette approche aide à mieux repérer les victimes de violences conjugales et à leur fournir un soutien adéquat. Les professionnels de la santé de premier recours, y compris les généralistes, les gynécologues, les pédiatres, les urgentistes et les sages-femmes, sont encouragés à mettre en œuvre cette recommandation.

Cette démarche vise à sensibiliser et à responsabiliser les professionnels de santé dans le repérage des victimes de violences conjugales. En effet, une plus grande sensibilisation ainsi qu’une meilleure formation des professionnels de la santé pourront contribuer à créer un environnement propice à l’expression de la parole des victimes et à l’identification précoce des cas de violences conjugales.

Ces nouvelles recommandations de la HAS témoignent de la volonté de mieux prévenir et prendre en charge les violences conjugales en France. Il est essentiel que tous les acteurs concernés, qu’ils soient professionnels de santé, autorités publiques ou membres de la société civile, travaillent ensemble pour mettre fin à ce fléau et offrir aux victimes le soutien et l’accompagnement dont elles ont besoin.