Accident de chasse mortel en Dordogne : prison requise !

Philippe DONNART


Le tribunal correctionnel de Périgueux a tenu une audience qui a duré six heures et au cours de laquelle deux hommes ont été interrogés sur des accusations d’homicide involontaire. Si reconnus coupables, ils peuvent être condamnés à une peine de prison pouvant aller jusqu’à cinq ans.

Justice à bout de souffle : un procès qui se termine à 1h du matin

Une nouvelle illustration du manque de moyens de la justice pour fonctionner efficacement : l’audience du mercredi 11 octobre au tribunal correctionnel de Périgueux (Dordogne) s’est conclue à 1 heure du matin, le jeudi 12 octobre, après six heures de débats.

Au niveau national, les accidents de chasse sont en nette baisse. En Gironde, aucun accident n’a été signalé la saison dernière. Et les formations en matière de sécurité se poursuivent.

Les trois juges ont examiné l’affaire de Rudeau-Ladosse datant du 26 novembre 2022. Un chasseur avait perdu la vie après avoir été touché par un tir dans la hanche par un de ses camarades de chasse.

Jusqu’à cinq ans de prison

Pour homicide involontaire (un délit passible de cinq ans de prison), le procureur a requis une peine d’un an de prison avec sursis à l’encontre de Gaël, le tireur âgé de 35 ans. Il a également demandé l’interdiction de détenir ou de porter une arme soumise à autorisation pendant cinq ans, ainsi que le retrait définitif du permis de chasse.

Yves, le président de la société de chasse locale âgé de 71 ans, était également accusé d’homicide involontaire en tant que responsable de la battue. Le ministère public a requis à son encontre une peine de six mois de prison avec sursis, ainsi que l’interdiction de détenir ou de porter une arme soumise à autorisation pendant cinq ans et le retrait du permis de chasse pendant trois ans.

Le tribunal a choisi de mettre sa décision en délibéré, qui sera rendue le 27 novembre.

La fatigue des juges : un problème récurrent dans les tribunaux français

La longueur de ce procès à Périgueux n’est malheureusement pas une exception en France. Les magistrats se retrouvent souvent épuisés par des audiences qui se prolongent tard dans la nuit, faute de moyens suffisants pour tenir les délais. Ce phénomène est particulièrement préoccupant, car il peut avoir des conséquences sur le bon fonctionnement de la justice et la qualité des décisions rendues.

En effet, quand les juges sont fatigués, leur capacité à analyser les dossiers et à rendre des jugements équitables peut être altérée. Le manque de sommeil peut entraîner des erreurs d’appréciation, des oublis ou des difficultés à se concentrer. De plus, les procès qui s’éternisent peuvent également avoir un impact sur le moral des justiciables, qui attendent souvent depuis longtemps leur tour d’être jugés.

Face à ces problèmes, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer des moyens supplémentaires pour la justice. Il est nécessaire d’embaucher plus de magistrats et de personnel administratif afin de réduire la charge de travail qui pèse sur chacun. Il faudrait également prévoir des budgets suffisants pour permettre l’ouverture de nouveaux tribunaux et la modernisation des équipements.

Il est également important de repenser l’organisation des audiences et de prévoir des plages horaires adaptées aux contraintes des magistrats. Des procès plus courts et mieux organisés pourraient permettre de limiter la fatigue et d’améliorer la qualité des décisions rendues.

Il est urgent de prendre des mesures pour remédier aux problèmes de fatigues des juges et d’améliorer les conditions de travail dans les tribunaux français. La justice est un pilier essentiel de notre démocratie, il est donc crucial de lui accorder les moyens nécessaires pour fonctionner correctement.