Alerte : La France évite de peu le déficit record de 100 milliards d’euros au commerce extérieur

Philippe DONNART


D’après les récentes données fournies par les Douanes, le déficit commercial de la France atteint 99 milliards d’euros. Bien qu’il y ait eu une petite amélioration, la balance commerciale demeure l’un des aspects fragiles de l’économie du pays.

La France subit une balance commerciale très déficitaire

La balance commerciale de la France reste fortement déficitaire cette année, car les importations de biens du pays dépassent de loin les exportations. Cela constitue un problème chronique qui affecte l’économie française depuis une vingtaine d’années. Lorsque la France exporte des produits à l’étranger, de l’argent entre dans le pays, mais lorsque des biens sont importés, cela signifie une sortie d’argent.

Selon les données des Douanes, le coût des importations a atteint 99,6 milliards d’euros en 2023, faisant de cette année le deuxième pire déficit commercial de l’histoire, derrière le record enregistré en 2022, à 164 milliards d’euros. La principale raison de cette amélioration en 2023 est le recul des prix de l’énergie importée pour assurer la production en France.

Une amélioration conjoncturelle et non structurelle

Cette amélioration est donc principalement conjoncturelle plutôt que structurelle, car elle est liée à des conditions circonstancielles et non à des changements politiques et techniques dans l’industrie. Cependant, ces changements seraient nécessaires pour que la France retrouve sa position de puissance exportatrice.

La France a basculé en 2002 vers un déficit commercial, au lieu de l’excédent qu’elle avait jusqu’à cette date. Les causes remontent à une trentaine d’années, avec la désindustrialisation progressive du pays et le déplacement de l’industrie vers des zones à faible coût de main-d’œuvre. De plus, les grandes multinationales françaises sont implantées là où se trouvent leurs marchés, produisant donc sur place plutôt que d’exporter.

Le défi des PME et ETI internationalisées

Le véritable défi se situe au niveau des PME et ETI (entreprises de taille intermédiaire), qui ne disposent pas des moyens nécessaires pour conquérir des marchés à l’international. Contrairement à l’Allemagne, qui bénéficie d’un « Mittelstand » composé de PME et ETI familiales très internationalisées, la France manque d’une classe moyenne d’entreprises dynamiques. Cela explique en partie pourquoi d’autres pays européens, tels que la Belgique et l’Italie, affichent des excédents commerciaux.