Échillais : L’incinérateur de Charente-Maritime déjà défectueux ?

Philippe DONNART


Lors des réunions de la commission de suivi de site, les élus affirment que tout est conforme aux règles à l’incinérateur. Cependant, les associations de défense de l’environnement ne partagent pas cet avis.

L’incinérateur d’Échillais sous surveillance : des résultats mitigés

L’incinérateur d’Échillais, situé en Charente-Maritime, est soumis chaque année à une commission de suivi de site. Lors de la dernière réunion qui s’est tenue le 27 septembre, les résultats ont été partagés quant à la conformité et au fonctionnement de l’usine.

Claude Maugan, vice-président du Syndicat intercommunautaire du littoral (SIL), propriétaire de l’incinérateur, a dressé un bilan positif de l’activité. Selon lui, les mesures effectuées montrent que l’usine respecte les normes en ce qui concerne les rejets et les odeurs. Il a également annoncé la prochaine installation d’un dispositif de mesure de mercure dans le circuit des fumées.

Toutefois, l’association Pays rochefortais alert’ (PRA) a souligné plusieurs problèmes récurrents tels que des pannes de chaudière, des rouleaux électromagnétiques bloqués, des défauts sur le revêtement du four ou sur les entraîneurs de la chaîne d’alimentation des déchets, ainsi que des incidents informatiques. Pour Claude Maugan, ces incidents sont inhérents au fonctionnement d’un système mécanique.

Doutes et responsabilités diluées

Malgré les affirmations du représentant du SIL, l’association PRA a demandé une nouvelle expertise judiciaire, car elle considère que ces pannes sont anormales. Une première expertise est déjà en cours pour déterminer qui, de Vinci (le constructeur) ou de Soval (la filiale de Veolia exploitante), doit prendre en charge les malfaçons. Daniel Sirguey de PRA a critiqué le recours à de grands groupes, soulignant que cela dilue les responsabilités du SIL.

La Chambre régionale des comptes a également émis des réserves quant au fonctionnement de l’incinérateur. Dans un rapport publié en novembre 2022, elle a noté de nombreuses difficultés techniques pour une structure industrielle récente. Elle a souligné que le SIL devra mettre l’incinérateur en conformité d’ici janvier 2024 et a relevé un écart négatif croissant entre les prévisions et les résultats réels, représentant une dégradation de 5,5 millions d’euros sur quatre ans.

Des travaux nécessaires pour améliorer la situation

Face à ces constats, des travaux seront nécessaires pour remédier aux problèmes techniques et mettre l’incinérateur d’Échillais en conformité avec les normes en vigueur. Le SIL devra trouver des solutions pour réduire l’écart entre les prévisions et les résultats réels, afin de préserver ses finances.

Le prochain conseil syndical du SIL, au cours duquel ces questions seront certainement abordées, est prévu le 3 octobre aux Fourriers à 13h30.

Une demande d’extension de capacité

En parallèle de ces problèmes techniques, l’incinérateur d’Échillais envisage une extension de sa capacité. En effet, l’usine cherche des pistes pour augmenter le volume de déchets traités afin de rentabiliser son activité. Une éventuelle demande d’autorisation pour augmenter sa capacité est donc envisagée, ce qui pourrait permettre à l’incinérateur de rechercher des ordures dans tout le département de la Charente-Maritime.

Cette perspective suscite néanmoins des craintes chez les défenseurs de l’environnement, qui craignent un impact supplémentaire sur la qualité de l’air et la gestion des déchets. La question de l’extension de l’incinérateur d’Échillais reste donc débattue et sujette à controverse.