Énorme volte-face : Bruno Le Maire prêt à repousser l’interdiction de location des passoires thermiques !

Philippe DONNART


Dans une entrevue accordée au journal « Le Parisien » mardi, le ministre a souligné l’importance de reconsidérer toutes les décisions prises avant la hausse des taux d’intérêt à la lumière de la crise actuelle. Il a affirmé que nous devons adopter une approche pragmatique et examiner la possibilité de modifier les calendriers établis. La situation économique actuelle nous oblige à repenser nos choix antérieurs et à trouver des solutions adaptées à la réalité du moment. Cette crise a mis en évidence la nécessité d’être flexible et d’adapter nos décisions en fonction des circonstances changeantes. Par conséquent, le ministre a appelé à une réévaluation rigoureuse de toutes les mesures prises avant la hausse des taux, afin de s’assurer de leur pertinence et de leur adéquation avec la situation actuelle.

Bruno Le Maire envisage de reporter l’interdiction de location des « passoires thermiques »

Le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a suggéré une possible modification du calendrier de l’interdiction de la mise en location des logements considérés comme des « passoires thermiques ». Cette déclaration fait suite à une augmentation de l’inflation qui a bouleversé la situation économique.

« Je considère que tout ce qui a été décidé avant la hausse des taux (d’intérêt) mérite d’être regardé à nouveau à l’aune de cette crise. Ce qui était possible lorsque l’argent était disponible devient impossible avec des taux aussi élevés. Il faut être très pragmatique et regarder si on peut décaler les calendriers », a déclaré le ministre lors d’un entretien avec des lecteurs du Parisien. « Je suis membre d’un gouvernement, donc je suis solidaire. Mais à titre personnel, j’y suis très favorable, en particulier pour les copropriétés », a-t-il ajouté.

La loi « Climat et Résilience », promulguée le 24 août 2021, prévoit initialement l’interdiction de la location des logements classés « G » à partir du 1er janvier 2025, puis des logements classés « F » à partir de 2028 selon le nouveau diagnostic de performance énergétique (DPE). Bruno Le Maire souligne cependant que l’augmentation de 1,6 milliard d’euros des crédits dédiés à la rénovation des logements dans le budget 2024 vise à soutenir les propriétaires. Il s’interroge néanmoins sur l’amélioration possible du classement actuel du DPE et se dit prêt à ouvrir le débat avec son collègue de la Transition écologique, Christophe Béchu.

Cette proposition de report de l’interdiction de location des « passoires thermiques » suscite des réactions mitigées. D’un côté, certains estiment que cela permettrait de donner du temps aux propriétaires pour entreprendre les travaux nécessaires à la rénovation énergétique de leurs logements. De l’autre côté, cela pourrait être perçu comme un retard dans la lutte contre la précarité énergétique et le réchauffement climatique.

En effet, selon une étude, la France compte actuellement 5,2 millions de logements considérés comme des « passoires énergétiques ». Ce chiffre a été réévalué à la hausse et souligne l’urgence d’agir pour améliorer la performance énergétique de ces habitations. L’objectif de la loi « Climat et Résilience » est de réduire la consommation d’énergie des logements et de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.

Le débat autour du report de l’interdiction de location des « passoires thermiques » met en lumière les enjeux économiques et environnementaux liés à la transition énergétique. Il reste maintenant à voir si cette proposition sera discutée et éventuellement adoptée par le gouvernement. En attendant, les propriétaires, locataires et acteurs du secteur immobilier continueront de se mobiliser pour trouver des solutions répondant à ces enjeux.