Immobilier : Pas de regain attendu en 2024

Philippe DONNART


Selon une étude effectuée par Laforêt Immobilier, les taux d’intérêt demeurent encore trop élevés pour la plupart des Français, ce qui constitue un obstacle à l’achat après une année 2023 difficile.

La tendance des Français à désirer un bien immobilier malgré des taux d’intérêt élevés

Une enquête récente réalisée par le réseau d’agences souligne que les Français ont toujours autant l’envie d’acquérir un bien immobilier ou d’investir dans la pierre, malgré des taux d’intérêt élevés. En effet, l’immobilier reste un secteur attractif et constitue toujours une valeur refuge pour de nombreux investisseurs.

Cependant, les taux d’intérêt élevés demeurent un obstacle majeur pour une grande partie des Français, qui hésitent à concrétiser leur projet en raison du coût élevé des crédits. Selon cette enquête, 64% des personnes interrogées ont déclaré qu’elles pourraient remettre en question leur projet en raison de la cherté du crédit. Les taux ont augmenté de deux points en moyenne cette année pour un prêt sur 20 ans, passant ainsi de 2,3% à 4,3%.

Des experts d’immobilier s’attendent à une stagnation des taux et du marché en 2024

Les professionnels du secteur estiment qu’une baisse généralisée des taux d’intérêt n’interviendra pas avant l’été, et s’ils baissent, la diminution sera minime. Ils prévoient plutôt une stagnation des taux. Dans ce contexte, Laforêt Immobilier indique qu’il n’y aura probablement pas de regain du marché en 2024. Même si les conditions d’accès au crédit se sont assouplies, cela ne suffit pas à relancer le marché. Selon la Banque de France, l’octroi de nouveaux crédits a reculé de plus de 40% en un an.

Cependant, l’étude de Laforêt note que les jeunes de 25 à 34 ans semblent moins découragés par cette difficulté d’obtention de crédits. Les banques pourraient également se montrer plus souples l’an prochain et accepter plus de dossiers qu’auparavant.

Les Français se tournent vers des biens immobiliers à bas prix et « passoires énergétiques »

Face à des acheteurs réticents ou désabusés par les banques, les vendeurs sont souvent obligés de revoir leurs prix à la baisse pour conclure la transaction, ce qui contribue à débloquer le marché de l’immobilier. Par ailleurs, on observe une tendance où les acquéreurs se dirigent vers les « passoires énergétiques », qui sont des biens immobiliers avec des diagnostics de performances énergétiques (DPE) médiocres. Ces biens sont souvent vendus à prix réduits car les propriétaires, incapables de réaliser des travaux de rénovation, cherchent à s’en débarrasser. Ces « passoires énergétiques » deviennent ainsi une alternative prisée pour les ménages aux moyens financiers limités, selon Laforêt immobilier.