Inde : 14 morts et une centaine de disparus dans le débordement d’un lac Himalayen

Philippe DONNART


Au pied du troisième plus haut sommet du monde se trouve le lac Lhonak dont l’eau a débordé et s’est déversée en un gigantesque mur d’eau dans une rivière déjà gonflée par les pluies de la mousson. Cette catastrophe naturelle a causé d’importants dégâts dans quatre districts de l’État du Sikkim.

Des sauveteurs à la recherche de personnes disparues après des crues subites dans une vallée de l’Himalaya

Des sauveteurs en Inde mènent actuellement des opérations de recherche pour retrouver une centaine de personnes portées disparues dans une vallée du nord-est du pays. Ces disparitions sont survenues à la suite des crues subites provoquées par le débordement d’un lac glaciaire himalayen, qui a également causé la mort d’au moins 14 personnes. Prabhakar Rai, directeur de l’autorité de gestion des catastrophes de l’État du Sikkim, a confirmé ces chiffres jeudi.

Parmi les 102 disparus répertoriés jusqu’à présent, on compte 22 soldats. L’armée indienne déploie tous ses efforts pour rétablir les connexions téléphoniques et apporter une aide médicale aux touristes et aux habitants qui se trouvent piégés dans cette région montagneuse et isolée de l’Himalaya, près de la frontière avec le Népal et la Chine.

Un lac glaciaire à l’origine des crues

Le lac Lhonak, qui a débordé mercredi, est situé au pied du Kangchenjunga, le troisième plus haut sommet du monde. Une énorme vague d’eau s’est déversée dans une rivière déjà gonflée par les pluies de mousson, causant d’importantes destructions dans la vallée en aval. Le gouvernement du Sikkim a déclaré que les eaux avaient endommagé un barrage, emporté des maisons et détruit des ponts, entre autres dégâts.

Les équipes de secours sont mobilisées pour venir en aide aux populations, mais les communications sont coupées dans de vastes zones, rendant les opérations de secours plus difficiles. Les sauveteurs ont établi 25 camps pour les personnes qui ont perdu leur domicile ou qui ont dû quitter leur maison en raison des crues.

Des dégâts considérables sur une distance de plus de 120 km

Les dégâts causés par les crues se sont étendus sur plus de 120 kilomètres en aval, endommageant gravement les routes de la région. Quatorze ponts ont également été détruits, selon les autorités locales. Le lac Lhonak a rétréci des deux tiers, perdant ainsi l’équivalent de 150 terrains de football en superficie.

Les inondations et les glissements de terrain sont relativement courants en Inde, surtout pendant la saison des moussons qui s’étend de juin à septembre. Toutefois, en octobre, la saison des moussons est généralement presque terminée. Les experts soulignent que les inondations causées par les débordements de lacs glaciaires deviennent de plus en plus fréquentes à mesure que les températures globales augmentent et que les glaciers fondent.

Le réchauffement climatique responsable des inondations

Miriam Jackson, une scientifique spécialisée dans la surveillance des glaces dans les régions de l’Himalaya, explique que des précipitations intenses ont conduit à cette situation catastrophique. Selon elle, les régions de haute montagne se réchauffent deux fois plus vite que le reste de la planète. Les climatologues soulignent également que la fonte des glaciers himalayens augmente le volume des cours d’eau, ce qui peut aggraver les inondations.

Les régions de montagne du monde entier sont confrontées à des changements climatiques rapides et se retrouvent dans un « territoire inconnu », selon Mme Jackson. Il est urgent de prendre des mesures pour faire face à ces défis et minimiser les risques pour les populations locales. Le rapport de l’ICIMOD publié en juin a révélé qu’entre 2011 et 2020, les glaciers de l’Himalaya avaient fondu 65% plus rapidement que dans la décennie précédente.

Ces événements tragiques semblent confirmer les préoccupations croissantes des scientifiques quant à l’impact du changement climatique sur les régions montagneuses et glaciaires. Des mesures doivent être prises de toute urgence pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et réduire les conséquences sociales et environnementales de ces événements extrêmes.