L’énergie AI : un pays à nourrir.

Philippe DONNART


Les inquiétudes concernant l’intelligence artificielle ne se limitent plus seulement à la qualité des résultats qu’elle produit ou à la menace qu’elle représente pour certains emplois. En effet, un nouveau défi se pose désormais : la consommation énergétique colossale de cette technologie. De nos jours, cet aspect constitue même l’un des principaux freins à un développement encore plus rapide de l’intelligence artificielle.

L’intelligence artificielle pourrait consommer autant d’énergie que la Suède d’ici quelques années

Une étude récente a révélé que d’ici quelques années seulement, l’intelligence artificielle (IA) pourrait consommer autant d’énergie qu’un pays entier, comme la Suède, les Pays-Bas ou l’Argentine. Ces conclusions inquiétantes ont été publiées mi-octobre lors d’un doctorat à Amsterdam.

L’impact écologique de l’IA

Un exemple frappant de l’impact écologique de l’IA est la recherche Google liée à BARD, un concurrent de chatGPT. Selon le scénario le plus extrême, cette recherche pourrait nécessiter autant d’électricité que l’Irlande entière d’ici 2027. Cependant, il est peu probable que ce scénario se réalise, car NVIDIA, le principal fabricant de serveurs dédiés à l’IA, ne pourra pas répondre à cette demande énorme sans d’importants investissements.

Un besoin énergétique colossal

À titre indicatif, un seul serveur dédié à l’IA consomme autant d’énergie qu’une douzaine de maisons individuelles. Pourtant, les projections estiment qu’il y aura environ un million et demi de ces serveurs en 2027. Cela soulève la question de l’énorme besoin énergétique que représente l’IA.

La consommation d’énergie de l’IA pourrait atteindre jusqu’à 100 térawatt-heures par an d’ici quatre ans, soit l’équivalent de 100 milliards de kilowatt-heures. Cela est comparable à la consommation annuelle d’énergie du bitcoin, une cryptomonnaie connue pour sa consommation d’électricité élevée.

Un impact sur l’eau

Outre l’électricité, l’IA nécessite également une grande quantité d’eau pour son fonctionnement et le refroidissement des ordinateurs et des serveurs. Par exemple, pour chatGPT, une IA générative développée par OpenAI, poser 20 à 50 questions équivaut à la consommation d’une bouteille d’eau. Et avec plus de 10 milliards de visites en moins d’un an, cela se traduit par des milliards de litres d’eau utilisés, soit l’équivalent de 400 piscines olympiques.

L’importance de la modération

Face à ces chiffres alarmants, il est crucial d’encourager une utilisation modérée des IA conversationnelles et génératives. Beaucoup de personnes ont tendance à les utiliser pour des requêtes qui pourraient être résolues autrement, ce qui entraîne une surconsommation inutile d’énergie et d’eau.

Il est donc impératif de prendre en compte l’impact environnemental de l’IA et de trouver des solutions durables pour limiter sa consommation énergétique. Sinon, nous risquons de compromettre davantage notre planète déjà confrontée à des défis écologiques majeurs.