Loup et troupeaux entre Dordogne et Gironde : une limite qui n’arrête pas le danger !

Philippe DONNART


Un groupe d’éleveurs dans la région forestière de la Double est en train de se préparer au retour du loup. Alors que les éleveurs du côté de la Dordogne peuvent recevoir des aides financières pour se procurer des chiens de protection, ceux du côté de la Gironde sont exclus de ces aides.

Le loup avance inexorablement vers de nouveaux territoires en France. Après avoir été repéré il y a plus de trente ans à la frontière franco-italienne, le loup arrive désormais en Nouvelle-Aquitaine, notamment dans le Béarn, mais aussi dans l’ex-Limousin. Au premier semestre 2023, des attaques attribuées au prédateur ont été signalées en Haute-Vienne et en Corrèze. Un loup a même été abattu sur le plateau de Millevaches en mai dernier. Le département du Lot est également touché par cette expansion.

Les éleveurs de la Nouvelle-Aquitaine, qui étaient jusqu’alors épargnés, se retrouvent désormais sur le front de la colonisation du loup. Certains d’entre eux vivent déjà dans la crainte des attaques et cherchent à se préparer. C’est notamment le cas dans la Double, une région située à la limite de la Gironde et de la Dordogne, où un groupe d’éleveurs a élaboré un plan de prévention du risque de prédation en collaboration avec le Civam PPML (Produire, partager et manger local). Ce plan vise à dissuader le loup de s’attaquer aux troupeaux plutôt qu’à l’empêcher complètement d’arriver dans la région.

Cependant, la mise en place de ce plan de prévention soulève des difficultés administratives. En effet, si les dommages causés par le loup permettent de bénéficier d’aides de l’État pour la protection du cheptel, ce statut n’est pas accordé à la Gironde où se trouve une partie de la région de la Double. Les éleveurs de Gironde se sentent ainsi délaissés face au risque de prédation sans pouvoir bénéficier des mêmes mesures de protection que leurs homologues de Dordogne.

Le président du Civam, Éric Guttierez, dénonce cette situation et demande à ce que les communes de la Gironde soient également considérées comme des zones à risque de prédation et incluses dans le classement en « cercle 3 » qui permet d’avoir accès aux aides de l’État. Malheureusement, sa demande a été rejetée et les éleveurs de la Gironde continuent de se sentir abandonnés face à la menace du loup.

Malgré cette situation, les éleveurs de la Double restent déterminés à se préparer de leur mieux à l’arrivée du loup. Ils se tournent notamment vers l’utilisation de chiens de protection pour dissuader le prédateur d’approcher des troupeaux. Cependant, cette méthode demande du temps pour être correctement mise en place et les éleveurs aimeraient pouvoir agir en amont pour éviter d’éventuels dommages.

Le retour du loup en Nouvelle-Aquitaine soulève ainsi de nombreuses questions et inquiétudes chez les éleveurs de la région. Ils espèrent pouvoir compter sur le soutien des autorités afin de mettre en place des mesures de prévention efficaces et de protéger leurs troupeaux des attaques du loup.