Stop aux taux d’intérêt élevés : impact sur les ventes et la construction

Philippe DONNART

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D’après les dernières données de la Banque de France, il a été enregistré une nouvelle diminution du nombre de prêts accordés aux ménages au mois de septembre.

La chute des prêts immobiliers en France : un marché à l’arrêt

En septembre, les prêts immobiliers accordés aux foyers français ont atteint un niveau inquiétant, avec seulement 9,2 milliards d’euros, marquant ainsi le plus bas niveau depuis sept ans. Cette baisse s’inscrit dans une tendance à la baisse observée depuis plusieurs mois, alors qu’en août, on approchait encore les 10 milliards.

Cette diminution drastique s’explique en grande partie par la hausse vertigineuse des taux d’intérêt des crédits immobiliers observée ces dernières années. En effet, le taux moyen du crédit immobilier a été multiplié par quatre au cours des deux dernières années, passant de 3,62% en août à 3,73% en septembre pour atteindre même 4,12% en octobre. Ces taux élevés dissuadent de nombreux ménages d’emprunter pour réaliser leur projet immobilier.

Un marché immobilier quasiment à l’arrêt

En plus de ces taux élevés, les prix élevés du bâti contribuent à rebuter les ménages, qui préfèrent reporter leurs projets d’investissement immobilier. Cette tendance se traduit également par une baisse significative du nombre de nouveaux logements autorisés à la construction, avec une diminution de 28% sur un an, selon les statistiques du ministère de la Transition écologique. De plus, le nombre de permis de construire délivrés se stabilise à un niveau très bas de 30 000 par mois, ce qui témoigne du ralentissement du marché immobilier.

Des perspectives d’amélioration à moyen terme

Les emprunteurs qui attendent des conditions de crédit plus abordables devront probablement patienter encore quelques mois. En effet, après l’envolée des taux d’intérêt, les banquiers centraux commencent à évoquer un possible plafond atteint, laissant entrevoir un futur repli. Cependant, aucune date précise n’est avancée pour cette stabilisation, même si les observateurs évoquent l’année 2024 comme une potentielle période de stabilisation. Ainsi, les ménages qui souhaitent emprunter devront probablement attendre 2025 avec impatience pour voir des conditions de crédit plus favorables.