Voitures autonomes : premiers modèles, réalité choc !

Philippe DONNART


En septembre 2023, les toutes premières voitures autonomes, capables de se conduire sans l’intervention du conducteur, font enfin leur apparition sur le marché. Cependant, malgré l’attente suscitée par cette avancée technologique, ces véhicules sont encore bien loin d’offrir le niveau de confort espéré.

Les premières voitures autonomes arrivent sur le marché avec des limitations importantes

Après de nombreux retards, les premières voitures autonomes font enfin leur entrée sur le marché en ce mois de septembre. Initialement livrées en Allemagne depuis quelques semaines, elles arriveront également en France et aux États-Unis d’ici novembre ou décembre. Ces véhicules « sans les mains » sont classés comme des voitures autonomes de « niveau 3 ». Concrètement, cela signifie que les conducteurs n’ont plus besoin de garder les mains sur le volant ni d’être attentifs à la route. Une fois le système activé, ils peuvent lire le journal, regarder un film ou utiliser leur téléphone, pendant que la voiture se charge de la conduite.

Conduite limitée à 60 km/h maximum et restrictions environnementales

Bien que cela paraisse prometteur, les premiers modèles commercialisés, comme ceux de Mercedes par exemple, sont fortement bridés. Ce système ne peut être activé que sur des routes où il n’y a pas de piétons ou de cyclistes à croiser, seulement sur les voies rapides avec un terre-plein central. De plus, il faut rouler à une vitesse inférieure à 60 km/h. Ces limitations réduisent donc considérablement les possibilités d’utilisation de ces voitures autonomes.

En réalité, les seuls cas d’utilisation pertinents se limitent aux embouteillages, aux autoroutes et aux grandes nationales. De plus, ces utilisations sont réservées exclusivement aux heures de jour et par temps ensoleillé. Le système se désactive automatiquement s’il fait nuit, s’il pleut ou s’il neige. Il est donc évident que ces premières voitures autonomes parviennent difficilement à répondre aux attentes des utilisateurs en termes de confort et de praticité.

Le problème de la responsabilité du constructeur

Ces restrictions ne sont pas dictées par la loi, puisqu’en Europe, les voitures autonomes sont autorisées à rouler en mode autonome jusqu’à 130 km/h. Ce serait déjà un grand pas en avant si ces voitures pouvaient atteindre cette vitesse et nous permettre de nous laisser conduire pendant une grande partie du trajet. Cependant, aucun véhicule n’a encore été homologué à cette vitesse, probablement en raison de contraintes techniques et légales. En cas d’accident impliquant une voiture en mode autonome, la responsabilité incombe au constructeur. Naturellement, ces derniers préfèrent limiter les risques et les situations où cette responsabilité pourrait être mise en jeu.

Avec les systèmes pseudo-autonomes présents dans de nombreux véhicules de niveau 2 actuellement sur le marché, il est déjà possible de rouler à 130 km/h en laissant la voiture s’occuper de la direction et de l’accélération. Cependant, le conducteur doit garder les mains sur le volant et il reste responsable en cas d’accident.

Le concept de voiture véritablement autonome semble donc encore lointain. Nous avions été promis une révolution avec des modèles dépourvus de volant d’ici 2020, puis repoussée à 2025. À présent, il est difficile d’imaginer une telle avancée avant 2030. Non seulement la technologie s’est avérée plus complexe que prévue, mais les avancées sont également freinées par des obstacles légaux, notamment en ce qui concerne la responsabilité pénale en cas d’accident. Ainsi, il faudra encore attendre avant de pouvoir faire une petite sieste au volant.