Alerte au réchauffement : le dévastateur tournant à venir

Philippe DONNART


Jean Jouzel, un scientifique reconnu à l’échelle mondiale, ainsi qu’un citoyen engagé, exprime son inquiétude quant à l’effet de la multiplication des vagues de chaleur sur la population. Il constate avec regret que cette inquiétude semble se mêler de résignation chez de nombreuses personnes.

Le climat se réchauffe : Jean Jouzel tire la sonnette d’alarme

Le climatologue Jean Jouzel, connu pour ses travaux révolutionnaires dans les années 1980 sur le lien entre la concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère et le climat, continue de se battre contre le réchauffement climatique. Son dernier ouvrage, « Jean Jouzel – Climat : l’inlassable pionnier », est un recueil d’entretiens publié aux Éditions Ouest-France.

La multiplication des épisodes de chaleur tardifs est-elle surprenante ?

La réponse de Jean Jouzel est claire : non. Ces phénomènes étaient annoncés depuis des décennies par la science. Dès le troisième rapport du Giec, publié en 2001, il était mentionné que le réchauffement climatique entraînerait des épisodes extrêmes plus intenses, plus fréquents et plus précoces ou tardifs en saison. Les records de température au Canada cet été en sont un exemple frappant.

Mais Jean Jouzel prévient que ce n’est que le début. Si nous ne prenons pas des mesures conséquentes pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, la planète se dirige vers un réchauffement de 3°C voire 4°C en France d’ici la seconde moitié du siècle. Les conséquences seront catastrophiques, avec des zones invivables où les activités humaines ne pourront plus être exercées.

Quels autres phénomènes extrêmes peut-on attendre ?

Outre les vagues de chaleur plus fréquentes, les sécheresses, les feux de forêt ou les pluies torrentielles, Jean Jouzel évoque également les zones où il ne sera plus possible de vivre en raison des conditions climatiques extrêmes. Il cite l’exemple de l’Iran où les températures ont atteint près de 55°C, rendant la vie impossible pendant deux jours.

La jeunesse mobilisée pour le climat, est-ce suffisant ?

Jean Jouzel souligne que seule une partie de la jeunesse est réellement mobilisée pour le climat. Le défi est de convaincre l’ensemble de la population de l’urgence du problème et de la nécessité d’agir. Il reconnaît cependant que la société a du mal à se faire à l’idée que des zones invivables pourraient apparaître à l’avenir.

La parole politique est-elle à la hauteur des enjeux ?

La réponse de Jean Jouzel est mitigée. Il reconnaît que la France a inscrit la neutralité carbone à l’horizon 2050 dans la loi, ce qui est louable. L’Europe, quant à elle, s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 55% d’ici 2030. Cependant, Jean Jouzel est sceptique quant aux mesures proposées pour atteindre ces objectifs, estimant qu’elles pourraient être insuffisantes.

En résumé, Jean Jouzel met en garde contre l’inaction face au réchauffement climatique. Les signes avant-coureurs que nous observons actuellement ne sont que le début des bouleversements à venir. Il est donc urgent d’agir dès maintenant pour préserver notre planète et assurer un avenir viable aux générations futures.