Summer Forever : 1000 euros par jour pour la surveillance des plages

Philippe DONNART

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La perturbation du climat oblige les municipalités à maintenir une surveillance prolongée des plages et soulève la question d’un financement collaboratif. Un cas concret en Gironde illustre ce problème, car de la Région à la Métropole bordelaise, l’aide aux maires des stations balnéaires est refusée.

Le défi de la surveillance des plages en cette période estivale prolongée

L‘été indien n’en finit plus, le casse-tête de la surveillance des plages en ces semaines ensoleillées non plus. Jusqu’ici réduit à l’avant-saison – la série de noyades de mai 2022 en Gironde avait déjà ravivé ce vieux débat -, voilà qu’il se pose jusqu’en octobre. Le dérèglement climatique envoie les foules sur les plages et les villes balnéaires…

L‘été indien n’en finit plus, le casse-tête de la surveillance des plages en ces semaines ensoleillées non plus. Jusqu’ici réduit à l’avant-saison – la série de noyades de mai 2022 en Gironde avait déjà ravivé ce vieux débat -, voilà qu’il se pose jusqu’en octobre. Le dérèglement climatique envoie les foules sur les plages et les villes balnéaires sont bien embarrassées : ça coûte, de veiller sur les baigneurs de l’été qui dure.

À Lacanau, où un homme s’est noyé fin septembre, le maire a encore rallongé le contrat des sauveteurs de la plage centrale cette semaine. Ce week-end, elle sera la seule station de Gironde à encadrer la baignade. Au Ferret, la Ville avait prolongé un système de prévention, jusqu’au week-end dernier. Ailleurs, rideau : il faudra croiser les doigts ou compter sur les surfeurs, vigies forcées et lassées de jouer les supplétifs durant les ailes de saison.

« On s’adapte »

Un été « normal », la surveillance des plages représente un budget de 700 000 euros pour Lacanau. Au-delà, « c’est 1 000 euros par jour » pour un poste à six surveillants, explique l’adjoint au maire Hervé Cazenave, impressionné par ce cocktail de houle, de chaleur et de fréquentation des plages qui dope les risques depuis des semaines. « On s’adapte à cette situation nouvelle… » Mais les élus aimeraient un coup de main des collectivités qui transportent les plagistes (cars, TER, etc.) pour partager le budget et encadrer les sites prisés proches de Bordeaux (Le Porge, Carcans, Grand-Crohot…). « On ne surveille pas que des habitants de Lacanau ! »

Le Syndicat intercommunal qui gère la sécurité des plages devrait vite se saisir du sujet et faire une proposition officielle.

Pas gagné. La sécurité n’est pas une « compétence » régionale, dit-on à la Région, quand le Département fait juste dire que le dispositif Objectif nage initie des centaines de jeunes aux dangers de l’océan. Le sujet n’est pas plus du « ressort territorial » de Bordeaux Métropole, qui se borne à relayer sur ses réseaux les messages de prévention. Et tout le monde de renvoyer vers l’État… qui joue déjà sa part en déployant 45 maîtres-nageurs sauveteurs CRS de juillet à août sur 17 postes de secours couvrant huit communes, et mobilise le Dragon 33, l’hélicoptère de la Sécurité civile, sur la base de la Huga à Lacanau – c’était encore le cas le week-end du 30 septembre, estival en diable.

Le défi de la surveillance des plages pendant l’été indien prolongé

L’été indien ne semble pas vouloir se terminer, et avec lui, les difficultés liées à la surveillance des plages en ces semaines ensoleillées. Alors qu’auparavant, cette surveillance était principalement assurée pendant la période pré-estivale, la situation s’étend désormais jusqu’en octobre. Le dérèglement climatique pousse les foules vers les plages et les villes balnéaires sont confrontées à un dilemme : il est coûteux d’assurer la surveillance des baigneurs pendant cette prolongation de l’été.

À Lacanau, où un homme a tragiquement perdu la vie fin septembre, le maire a prolongé le contrat des sauveteurs de la plage centrale cette semaine. Ce week-end, Lacanau sera la seule station balnéaire de Gironde à encadrer la baignade. Au Ferret, la Ville avait également prolongé un système de prévention jusqu’au week-end dernier. Ailleurs, la surveillance est réduite, laissant les baigneurs croiser les doigts ou compter sur une surveillance informelle des surfeurs, épuisés de devoir jouer les suppléants en dehors de la haute saison.

« On s’adapte », déclare l’adjoint au maire Hervé Cazenave. Un été « normal » signifie un budget de 700 000 euros pour la surveillance des plages à Lacanau. Au-delà de cette période, cela représente 1 000 euros par jour pour un poste avec six surveillants. La combinaison de conditions météorologiques favorables, de températures élevées et d’une affluence continue sur les plages multiplie les risques. « Nous nous adaptons à cette nouvelle situation… », ajoute Hervé Cazenave. Cependant, les élus municipaux recherchent une aide supplémentaire de la part des collectivités responsables du transport des estivants (bus, TER, etc.) afin de partager le budget et de surveiller les sites populaires près de Bordeaux (Le Porge, Carcans, Grand-Crohot, etc.). « Nous ne surveillons pas seulement les habitants de Lacanau ! » souligne-t-il.

Le Syndicat intercommunal chargé de la sécurité des plages devrait rapidement prendre le sujet en main et proposer une solution officielle.

La sécurité n’est pas une compétence régionale, selon la Région, et le Département se contente de mentionner que le dispositif Objectif Nage permet d’initier des centaines de jeunes aux dangers de l’océan. De même, Bordeaux Métropole estime que cette question ne relève pas de sa compétence territoriale et se contente de relayer les messages de prévention sur ses réseaux. Tout le monde renvoie donc la responsabilité à l’État… qui joue déjà son rôle en déployant 45 maîtres-nageurs sauveteurs CRS de juillet à août sur 17 postes de secours couvr