Chantier d’envergure pour désensabler Capbreton

Philippe DONNART


La première étape du projet de dragage du port de Capbreton, qui nécessite un budget de 3,2 millions d’euros, a pour objectif de retirer 69 000 mètres cubes de sable et de le déposer dans l’océan. Cette phase devrait prendre environ sept mois.

Le dragage du port de Capbreton : le début d’un chantier d’ampleur

Sur les réseaux sociaux, la présence du « Fort Boyard » au port de Capbreton suscite la curiosité. À quoi est destiné ce gros bateau de 47 mètres rentré dans la passe mercredi 20 septembre ? Non, ce n’est pas en lien avec le projet polémique de Réseau de transport d’électricité (RTE) d’une ligne à très haute tension, comme certains semblent l’imaginer.

Mis à disposition par le Département de la Charente-Maritime, le « Fort Boyard » signe en réalité le début du chantier du dragage du port de Capbreton. L’année précédente, ce chantier avait dû être repoussé faute de réponse satisfaisante au marché public. Finalement, c’est l’entreprise Merceron qui a été retenue pour ces travaux d’ampleur de désensablement du port de Capbreton, dont la première phase est appelée à durer sept mois, de fin septembre 2023 à fin avril 2024, pour un coût de 3,2 millions d’euros HT (hors maîtrise d’œuvre).

Objectif : draguer le seul port landais pour qu’il revienne à son état d’ensablement de 2002 et, ainsi, éviter qu’il se retrouve à sec par certains endroits. « Il y avait urgence. Lors des grandes marées, on constate des zones d’échouage », explique Louis Galdos, vice-président en charge du port de Capbreton, du lac marin et du tourisme à la Communauté de communes Maremne Adour Côte sud (Macs) et, par ailleurs, adjoint au maire de la station balnéaire.

Au large d’Hossegor

Lors de cette première phase de dragage, 69 000 mètres cubes de sable doivent être extraits et « clapés », c’est-à-dire rejetés en mer, dans une zone définie par autorisation préfectorale. « Le sable sera clapé à 4 miles au large d’Hossegor, par casier. Cela veut dire que ce ne sera pas un gros tas de sable mais qu’ils déposeront le sable différemment à chaque fois », poursuit Louis Galdos.

Outre le « Fort Boyard », un deuxième bateau de 33 mètres interviendra au cours de l’automne dans le port pour draguer précisément les zones entre les pontons. Le chantier entraîne un travail de gestion « compliqué » des bateaux pour libérer les espaces dans ce « port très prisé » d’un millier d’anneaux, expose Louis Galdos.

Après cette première phase de désensablement, qui doit s’achever fin avril 2024, avec une amplitude de travail possible sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre, selon les conditions météorologiques, une deuxième opération de travaux est prévue « d’octobre 2024 à avril 2025 », avec cette fois « un traitement à terre des sédiments ». « Une étude est en cours concernant la réutilisation de ces matériaux dans le cadre d’une démarche d’économie circulaire », met en avant la Communauté de communes Macs dans un communiqué.

À terme, explique le vice-président Louis Galdos, « l’idée serait d’arriver avec des bathymétries (études des profondeurs et du relief de l’océan, NDLR) et des mesures d’ensablement, à savoir à quel endroit se posent les sédiments pour aller régulièrement les récupérer et ainsi éviter que le bassin portuaire se remplisse ». Et que ce type de chantier d’ampleur et coûteux doive trop souvent être réitéré.

Le dragage du port de Capbreton : un travail essentiel pour maintenir l’activité économique

Le dragage du port de Capbreton est un travail essentiel pour maintenir l’

activité économique et touristique de la région, en particulier pour les pêcheurs locaux, les commerçants et les entreprises de tourisme nautique. L’état d’ensablement avancé du port entravait le transit normal des bateaux et compromettait les opérations maritimes quotidiennes, mettant ainsi en péril les moyens de subsistance de nombreux habitants locaux et nuisant à l’attrait touristique de Capbreton.

La revitalisation du port sera bénéfique non seulement pour les professionnels de la mer mais également pour les résidents et les visiteurs. En rétablissant le port à son état de fonctionnement optimal, ce projet devrait attirer plus de visiteurs et stimuler l’économie locale, offrant ainsi de nouvelles opportunités d’affaires et de loisirs pour tous.

Le projet, malgré sa complexité et son coût élevé, est reçu avec optimisme par la population locale, qui attend avec impatience la conclusion des travaux. Louis Galdos, souligne l’importance de ce projet non seulement pour le présent mais aussi pour l’avenir, en planifiant des mesures préventives pour éviter une répétition de l’ensablement.

Sécurité et Environnement

Des précautions sont également prises pour minimiser l’impact environnemental du dragage. Les mesures environnementales strictes et les contrôles réguliers assurent que l’écosystème marin local soit préservé et que la biodiversité ne soit pas perturbée. De plus, la réutilisation des sédiments extraits dans le cadre d’une démarche d’économie circulaire atteste de l’engagement de la Communauté de communes Macs en faveur de la durabilité environnementale.

Le dragage du port de Capbreton est un projet majeur qui, en plus de résoudre les problèmes actuels d’ensablement, cherche à établir des solutions à long terme pour prévenir de futurs problèmes. Le défi sera de maintenir l’équilibre entre le développement économique et la protection de l’environnement. Si mené à bien, le projet pourrait servir de modèle pour d’autres ports confrontés à des défis similaires.