Chine : Pollution alarmante et durable, découvrez les causes.

Philippe DONNART


Mercredi, les médias d’État chinois ont annoncé que Pékin et sa région continueront de faire face à un grave problème de pollution jusqu’à la mi-novembre. Cette situation préoccupante n’est malheureusement pas isolée, car d’autres régions sont également touchées. Il est donc essentiel de faire le point sur cette question.

Un épais brouillard enveloppe Pékin alors que le Nord de la Chine subit une grave pollution atmosphérique. Cette situation, l’une des pires depuis le début de l’année, impacte des dizaines de millions d’habitants. Les services météorologiques chinois ont prévenu que le temps serait « voilé et brumeux » dans la capitale, la mégalopole de Tianjin et une partie des provinces du Hebei, du Shandong et du Hubei. Ces régions abritent plus de 100 millions de personnes au total. Certains endroits touchés sont confrontés à une pollution considérée comme « sévère », réduisant la visibilité à moins de 50 mètres. La ville de Pékin se classe actuellement comme la troisième ville la plus polluée au monde, selon la société suisse de mesure de la qualité de l’air IQAir. Les taux de concentration en particules PM 2,5, qui sont des particules fines pouvant pénétrer dans le sang, dépassent plus de 20 fois les recommandations de l’OMS. Cette situation a poussé de nombreuses personnes à porter des masques dans les rues de la capitale.

Les autorités locales de Pékin attribuent cette vague de pollution aux « conditions météorologiques défavorables », telles qu’une basse pression atmosphérique régionale, un air stagnant et une humidité élevée. La pollution dans la capitale chinoise est généralement causée par la production d’acier et le chauffage des immeubles. L’air de Pékin est également fortement influencé par la direction du vent, étant plus pur lorsque les rafales soufflent depuis les prairies au nord plutôt que depuis les zones industrielles denses au sud et à l’est. Selon le Centre de recherche sur l’énergie et l’air propre, l’air devrait s’améliorer progressivement à partir de jeudi soir grâce à l’arrivée d’air plus froid.

Les autorités de Pékin ont prévu des mesures pour faire face à cette situation. Une alerte orange, le deuxième niveau d’alerte le plus élevé, a été émise et restera en vigueur jusqu’à jeudi minuit. Cela exige des entreprises, des constructeurs et des sociétés de transport de réduire d’urgence leurs émissions de gaz à effet de serre. Si l’alerte passe au niveau rouge, les véhicules les plus polluants seront temporairement interdits de circulation. Les habitants de Pékin sont également invités à limiter leurs sorties et les activités physiques intenses dans les prochains jours.

Il est important de souligner que les pics de pollution sont devenus moins fréquents à Pékin ces dernières années. Il y a dix ans, la ville dépassait régulièrement les records de pollution, suscitant des inquiétudes en matière de santé publique et lui valant le surnom de « Airpocalypse ». Depuis 2014, la Chine a déclaré une « guerre contre la pollution » et a pris des mesures pour améliorer la qualité de l’air dans plusieurs grandes villes. Des usines de charbon ont été fermées à Pékin et les industries les plus polluantes ont été déplacées loin de la capitale. Malgré ces améliorations, la qualité de l’air ne répond pas encore aux normes de l’OMS et la Chine reste le plus grand émetteur mondial de gaz à effet de serre.

En complément de cet article, il est essentiel de souligner l’impact de la pollution atmosphérique sur la santé des habitants de Pékin et des régions environnantes. Selon l’OMS, la pollution de l’air est responsable de millions de décès prématurés chaque année, principalement en raison des maladies respiratoires, des accidents vasculaires cérébraux, des maladies cardiaques et du cancer. Les particules fines, telles que celles mesurées par les PM 2,5, peuvent pénétrer profondément dans les poumons et le système cardiovasculaire, causant des dommages à long terme.

Il est donc urgent que la Chine continue ses efforts pour réduire la pollution atmosphérique et améliorer la qualité de l’air. Des mesures supplémentaires, telles que la promotion des transports publics et des énergies propres, ainsi que la mise en place de réglementations plus strictes pour les industries polluantes, pourraient contribuer à résoudre ce problème majeur. Le bien-être des habitants et l’environnement futur de la Chine en dépendent.