Le président de la FEEF dénonce les prix injustes dans les négociations PME/grande distribution

Philippe DONNART

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Les négociations commerciales entre la grande distribution, les fournisseurs, les distributeurs et le monde agricole touchent à leur fin. Jeudi 11 janvier, une réunion s’est tenue au ministère de l’Agriculture pour trouver un accord sur les prix. Les grands groupes ont jusqu’à la fin du mois pour parvenir à un accord, tandis que les PME et les ETI ont une échéance fixée à lundi minuit.

Les négociations commerciales entre les PME et la grande distribution

Les négociations commerciales qui se déroulent actuellement entre la grande distribution et les PME et ETI (Entreprises de taille moyenne) de l’agroalimentaire sont sur le point de toucher à leur fin. Les petites et moyennes entreprises, ayant un chiffre d’affaires inférieur à 350 millions, doivent finaliser les accords sur les tarifs avec les distributeurs avant lundi 15 janvier à minuit. Ces négociations impliquent Leonard Prunier, président de la FEEF, Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France.

Des discussions complexes et des tensions sur les prix

Selon Leonard Prunier, il reste encore quelques détails à finaliser dans les négociations. Il a exprimé son optimisme quant à la conclusion d’un accord, mais a tout de même souligné que certaines tensions subsistaient concernant les prix de vente. A ce stade, environ 53% des contrats ont été signés, selon les résultats du dernier sondage de la semaine dernière; cependant, les négociations doivent encore aboutir à un équilibre satisfaisant pour les deux parties.

Leonard Prunier a expliqué que les PME et les ETI demandaient une augmentation moyenne de 3% sur les prix. Cela s’explique par une augmentation significative des charges, y compris des matières premières, en comparaison à l’année précédente. Cependant, les résultats des négociations jusqu’à présent ont abouti à des baisses de prix ou à une stabilisation, ce qui ne satisfait pas pleinement les entreprises qui ont besoin de résultats rentables pour pouvoir investir et embaucher. Le président de la FEEF a souligné que 72% des entreprises avaient vu leurs résultats en baisse entre 2021 et 2022.

Des compromis nécessaires malgré les difficultés

Malgré le désaccord concernant les prix, les entreprises s’apprêtent à signer les accords pour garantir la présence de leurs produits dans les rayons des distributeurs. Il est cependant évident que des discussions plus approfondies sur les prix devront avoir lieu à l’avenir pour s’assurer que les entreprises obtiennent le juste prix pour leurs produits.

Leonard Prunier a souligné la nécessité d’ouvrir un débat global sur les prix de vente, les plans d’affaires et les tarifs appliqués en fonction des variations des coûts. Il a appelé à une simplification des décisions à prendre, un soutien également évoqué par Gabriel Attal et Bruno Lemaire.

Négociations sur la promotion et exposition en rayon

Outre les prix, les PME et les ETI espèrent également bénéficier d’une exposition en rayon et d’accès à la promotion pour leurs produits. L’initiative du label « PME+ » a été lancée pour mettre en avant les produits fabriqués par ces entreprises et il y a eu un bon accueil de la part des distributeurs.

Effets sur l’économie et appel à l’investissement

Les impacts des négociations commerciales sur les résultats des entreprises sont notables, puisque la diminution des bénéfices pourrait entraîner une baisse des investissements futurs et des créations d’emplois. Malgré cela, les entreprises restent confiantes dans leur avenir, soulignant leurs besoins en résultats financiers viables pour pouvoir prospérer sur le territoire.

En somme, les négociations commerciales entre les PME et les acteurs de la grande distribution posent des défis importants en matière de tarification des produits et du besoin de conditions équitables pour les petites et moyennes entreprises. Bien que des compromis aient été nécessaires pour garantir la présence des produits en rayon, il est évident que des discussions sur les prix et une simplification des processus commerciaux seront nécessaires pour assurer la viabilité des entreprises dans le futur.